Archives pour la catégorie Lectrice Charleston 2017

La petite herboristerie de Montmartre – Donatella Rizzati

Résumé : Paris, novembre 2004. Viola Consalvi passe pour la première fois la porte d’une herboristerie tout près de la rue Lepic, à Montmartre. Pour cette passionnée de naturopathie, la découverte de ce lieu hors du temps est un véritable coup de foudre. Au contact de cet endroit magique et de sa propriétaire, Gisèle, la jeune étudiante se conforte dans son choix d’étudier la médecine alternative, choix que n’a hélas pas accepté sa famille. Son diplôme en poche, Viola retourne à Rome et rencontre l’amour en la personne de Michel. S’ensuivent six ans de bonheur, qui volent en éclat quand Michel décède brutalement d’un arrêt cardiaque. Bouleversée, anéantie, Viola se sent basculer. Au plus fort de la tourmente, une idée lui traverse soudain l’esprit : et si elle retournait à Paris, là où tout avait commencé ?

 

Mon avis :

J’ai beaucoup aimé ce roman qui traite de plusieurs sujets qui nous touchent tous :  la recherche de soi, le deuil, la reconstruction.. Mais il parle aussi de sujets moins connus comme se soigner par les plantes. D’ailleurs ce sujet est omniprésent dans le roman. Viola en a fait sa vocation à travers ses recettes aux produits naturels qui permettent de soigner (dans la limite du possible bien sûr, sans remplacer un médecin).  Dans cette histoire on suit Viola dans son quotidien et dans son changement de vie. Elle quitte l’Italie pour retourner à Paris là où elle a fait ses études. Elle retrouve alors Gisèle qui l’avait en quelque sorte prise sous son aile. Viola va essayer de se reconstruire avec un passé assez lourd mais c’est chose difficile après le drame qu’elle a vécu. Ce roman a une ambiance historique avec la boutique de Gisèle où tout est très ancien mais aussi avec le métier d’herboriste et naturopathe, ce sont des métiers très anciens mais dont on se rend compte seulement maintenant de leur utilité. J’aime beaucoup ces côtés de ce roman : je suis passée par toute une palette d’émotions (tantôt de la joie tantôt de la tristesse) puis, un côté très nature avec les plantes omniprésentes et aussi un côté très frais qui est idéal pour cet été.  Ma lecture m’a donné envie d’en savoir un peu plus sur la médecine douce et elle me donne aussi envie de voyage.

Ce roman vous fera voyager dans le quartier de Montmartre et qui sait peut-être qu’il vous donnera envie d’y aller ! C’est une lecture parfaite pour les beaux jours avec sa touche de vintage mais aussi son côté feel-good !

Concernant les personnages j’ai beaucoup aimé Viola qui est une héroïne à la fois forte et fragile. Elle essaie de surmonter les obstacles qui sont sur son chemin mais des douleurs ancrées profondément refont surface. Gisèle est un personnage attachant, elle joue un peu le rôle de mère de substitution auprès de Viola. Ensuite il y a Camille qui est une jeune femme que Viola apprend à connaître. Elle apporte un peu de fraicheur et de légèreté au roman. Puis il y a Romain, au début je l’ai trouvé assez insupportable avec son caractère et les réflexions qu’il n’hésitait pas à faire à Viola mais au fil du roman on apprend à le connaître et il change un peu. On apprend surtout pourquoi il a se comportement.

Concernant l’écriture j’ai trouvé la plume très fluide et agréable. Les descriptions sont assez présentes sans être pesantes et elles ne coupent pas le récit. Les dialogues sont bien construits. Honnêtement je n’ai pas vu défiler les pages tellement j’ai été happée par le récit, j’avais très envie de savoir ce qui allait se passer. J’ai beaucoup aimé aussi avoir des recettes médicinales ou des conseils naturels et sur des sujets que je connais assez peu finalement.

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Lucia Lucia – Adriana Trigiani

Résumé : New York, 1950. À vingt-cinq ans, Lucia Sartori est certainement la plus jolie fille du quartier. L’après-guerre a ouvert de nombreuses possibilités aux jeunes femmes ambitieuses, et Lucia vient de commencer comme apprentie couturière au très chic grand magasin B. Altman sur la 5e Avenue. Son père, qui a brillamment réussi dans les affaires et tient l’épicerie fine italienne la plus réputée, l’a toujours encouragée dans ses ambitions, mais les traditions sont tenaces… Fiancée à son amour d’enfant, l’inébranlable Dante DeMartino, Lucia est déchirée lorsqu’elle rencontre un bel inconnu qui lui promet une vie de luxe dans les beaux quartiers, une vie comme elle n’en lit que dans les magazines. Forcée de choisir entre sa famille et ses rêves, Lucia se retrouve au centre d’un scandale qui révélera des secrets enfouis. L’honneur des Sartori est en jeu…

Mon avis :

Ce roman se passe sur deux époques : l’époque contemporaine qui est très peu présente, elle permet d’installer le roman et de former la conclusion. La deuxième époque se passe dans les années 1950 si je me souviens bien. Lucia est une jeune femme d’origine italienne elle vit avec ses parents et ses frères. Lucia travaille dans un grand magasin de couturier. Ce roman traite de la condition de la femme à cette époque : le fait qu’une femme soit indépendante et donc travaille pour subvenir à ses besoins. Ses origines italiennes n’aident pas puisque dans ces familles une femme lorsqu’elle se marie doit abandonner son travail pour s’occuper de la maison et des enfants. Une superstition pèse sur la famille de Lucia, superstition qu’elle découvre que pendant le roman. Difficile de faire la part des choses en se disant si c’est la superstition qui empêche les évènements d’arriver ou bien le fait de croire à cette superstition qui empêche les évènements d’arriver ? C’est un débat qui peut durer longtemps. J’ai beaucoup aimé suivre Lucia et sa vie quotidienne. Elle évolue et est pour l’indépendance des femmes. Malgré des évènements difficiles elle arrive toujours à rebondir.

Concernant les personnages j’ai bien aimé celui de Lucia, elle est une jeune femme indépendante qui veut réussir par elle-même et savoir se débrouiller sans l’aide d’un mari. Elle ne veut pas de la condition de femme « soumise » et veut s’affranchir. Elle a du caractère mais comme toute personne lorsqu’on trouve le grand amour on est prêt à tout pour le garder. Ensuite il y a sa famille, qui est omniprésente dans le roman. Ils sont tous attachants à leur manière et font tout pour protéger Lucia qui est la seule fille de la famille. Dante, est un jeune homme un peu macho j’ai eu des difficultés à m’attacher à son personnage. John Talbot me fait un peu penser à un stéréotype de gentleman qui mise tout sur l’apparence. Son caractère est assez ambigu.

Concernant l’écriture, je l’ai trouvée très fluide et agréable. Les sujets comme l’indépendance de la femme, l’envie d’émancipation et la famille etc.. sont très bien détaillés et permettent aux lecteurs de se faire une idée assez précise sur les difficultés de cette époque et des changements qu’elle annonce surtout pour les femmes.

La cueilleuse de thé – Jeanne-Marie Sauvage-Avit

Résumé : Au Sri Lanka, l’ancien Ceylan, Shemlaheila est cueilleuse de thé dans une plantation. Depuis dix ans déjà, elle ploie sous les lourds sacs de feuilles de thé et sous le joug des contremaîtres, mais, à l’aube de ses vingt ans, la jeune femme a d’autres rêves. Elle est bien décidée à partir, à échapper à la condition de celles qui, dans les théiers et dans les maisons, sont au service des hommes. Elle ne sera pas cueilleuse de thé toute sa vie, comme sa mère, comme toutes ces femmes asservies qui n’ont d’autres horizons que les interminables rangées de théiers…

Du Sri Lanka à Londres, à la découverte d’un pays complètement différent du sien, Shemla va découvrir une autre culture, d’autres personnes et surtout d’autres envies. La cueilleuse de thé qu’elle a toujours été choisira-t-elle de revenir au pays, ou de se créer une nouvelle vie ?

 

Mon avis :

J’avais très hâte de lire ce livre, j’aime beaucoup ces pays qui sont très peu développés et mis en avant finalement dans notre société.

L’histoire se passe au début au Sri Lanka. L’héroïne Shemlaheila, est une jeune femme de 20 ans. Elle est cueilleuse de thé dans une plantation. On ne suit pas que Shemlaheila même si elle est le personnage principal. J’ai trouvé le début du roman assez dur à travers les conditions de vie et de travail de la femme dans ce pays méconnu. L’esclavagisme est un point important du roman : l’esclavagisme au travail mais aussi l’esclavagisme à la maison. Les femmes sont considérées comme des objets qu’on peut prendre et jeter comme on veut. Le viol est monnaie courante dans ces plantations et les femmes n’ont aucun droit. C’est difficile d’imaginer des conditions de vie comme celles-ci quand on voit la différence avec notre pays. On n’imagine pas la chance que l’on a ! Les cueilleuses de thé en plus de travailler dans des conditions difficiles pour un salaire de misère sont formatées pour ne pas faire de bruit, être invisibles même lorsque des touristes viennent les voir. Shemlaheila décide de se sortir de ce cercle sans fin et part pour l’Angleterre. C’est tout un périple pour elle de pouvoir accéder à ce pays tant désirer et surtout d’accéder à la liberté. Shemlaheila est une héroïne pleine de courage et de volonté. Elle est un exemple pour celles qui voudraient changer leur vie. Bien sûr tout ne lui réussit pas tout de suite, elle subit de nombreuses épreuves mais elle a toujours la force de rebondir. Concernant l’écriture je l’ai trouvée travaillée et très intéressante. Dans certains passages j’ai ressenti comme de la retenue afin de laisser le lecteur se faire sa propre opinion. Cela ne m’a pas empêchée, bien au contraire, de ressentir de l’empathie pour toutes ces femmes qui vivent ces difficultés au quotidien. Ce livre met en avant une femme au départ assez commune mais qui grâce à sa force et sa persévérance fera tout pour arriver à son idéal.

La plage de la mariée – Clarisse Sabard

Résumé : La vie de Zoé, 30 ans, bascule lorsqu’un coup de téléphone lui apprend que ses parents ont eu un grave accident : son père est mort sur le coup et sa mère est trop grièvement blessée pour espérer s’en sortir. Avant de mourir, elle confie cependant à Zoé que l’homme qui l’a élevée n’est pas son véritable père. Pour retrouver ce dernier, elle lui donne un seul indice : la plage de la mariée.

Mon avis :

Depuis le début de ce partenariat je suis globalement ravie de mes lectures et celle-ci ne fait pas défaut puisque c’est un coup de cœur !!

Dans cette histoire on suit le quotidien de Zoé, une jeune femme d’une trentaine d’années qui décide de partir à la recherche de son père biologique. 6 mois auparavant ses parents sont tués dans un accident de moto juste avant que sa mère meurt elle apprend que son père biologique n’est pas celui qu’elle croit. Toutefois sa mère lui donne comme seul indice « la plage de la mariée ». Après de nombreuses recherches Zoé part donc en Bretagne. J’ai beaucoup aimé ce roman qui semble être une quête de recherche de soi pour Zoé au travers de la recherche de son père biologique mais au final cela va au-delà. Elle change totalement de vie : elle part de Nice pour s’établir dans un petit village de Bretagne et elle est serveuse dans une cupcakerie (oui assez étrange de trouver une cupcakerie dans un village de Bretagne !). J’avoue que lors de la découverte de son père je n’ai pas pensé à lui. La légende de la plage de la mariée est présente dans le roman tout en étant pas le point central. Le moment des révélations est bouleversant car il y a toute une histoire plus profonde que cette recherche. Ce livre traite d’une histoire de famille certes, mais il va plus loin en nous délivrant des messages tels que : la quête de soi, le pardon, l’amour, la tolérance … j’ai adoré découvrir l’histoire de Zoé et des autres personnages.

Concernant les personnages j’ai beaucoup aimé celui de Zoé. Elle est une jeune femme attachante, elle fait tout pour découvrir qui est son père et j’ai trouvé sa persévérance admirable. Ensuite il y a Alice, qui est sa patronne. Au début je pensais qu’elle avait à peu près le même âge que Zoé mais elle pourrait être sa mère, sa manière de parler lui donne l’air plus jeune. C’est une femme pleine de bonté et prête à tout pour aider les autres. Je ne vais pas m’étendre sur chaque personnage mais il y a aussi les deux meilleurs amis de Zoé qui sont toujours là pour la soutenir L’héroïne vit dans un village elle découvre donc ses habitants, ça fait une panoplie de personnages tous différents avec leur caractère et leurs caractéristiques. Certains attachants d’autres moins mais après tout n’est-ce pas ça la vie ? Faite de personnes qu’on aime plus ou moins ?

Concernant l’écriture je l’ai trouvée travaillée et des détails sont présents dans le livre. J’habite près de Lorient j’ai donc eu le plaisir de retrouver certains endroits que je connais de cette ville. Pour moi ces éléments ont rendu encore plus réaliste cette histoire. L’auteur a réussi à donner vie à ses personnages, j’avais l’impression de les connaître et de pouvoir les croiser au coin de la rue !

 

La maison aux secrets – Catherine Robertson

Résumé : Depuis que le petit garçon d’April Turner a été tué par une voiture, la jeune femme ne vit plus. Cela fait cinq ans qu’elle s’est écartée de tout ce qu’elle aime, et de tous ceux qui l’aiment, et entend bien continuer son existence ainsi. Lorsqu’une lettre lui arrive de la part d’un notaire anglais, l’informant qu’elle est l’héritière d’une propriété abandonnée en Angleterre, Empyrean, la jeune femme tente de résister. Mais le mystère entourant cet héritage est intrigant, et elle décide de quitter temporairement la Nouvelle-Zélande pour le vieux continent, où elle va rencontrer des habitants étonnants : Oran, musicien qui reste loyal à sa femme infidèle ; Jack, qui vit dans les bois avec son chien ; et Sunny, dite Lady Day, qui approche des 90 ans mais qui est bien plus énergique que ceux qui ont la moitié de son âge. Sunny avait connu Empyrean lors de son âge d’or, et son histoire rend le passé encore plus vivant. Mais April sera-t-elle prête à renoncer à ses principes pour, enfin, revivre à nouveau ? Une histoire qui vous apprend ce que signifie être vivant…

Mon avis :

Le titre me donnait déjà beaucoup envie de lire le roman. Je l’ai découvert grâce au partenariat avec les Editions Charleston et c’est un coup de cœur pour ce livre !!

Honnêtement c’est très difficile d’écrire mon avis.. j’ai eu un coup de cœur pour cette histoire qui m’a beaucoup émue mais j’ai bien peur que les mots ne suffisent à exprimer mon ressenti pour cette histoire à la fois sombre et joyeuse qui se passe dans deux époques différentes. J’ai adoré découvrir deux ambiances totalement différentes. Il y a celle de l’avant deuxième guerre (et la guerre aussi) mondiale avec des personnages vivants dans un monde aisé mais dont les chamboulements seront grands. J’aime les récits historiques qui permettent de suivre le quotidien de personnages vivant a une époque différente de la nôtre mais qui aussi nous font redécouvrir des aspects du passé que l’on connaît. La seconde se passe dans notre époque avec une héroïne attachante mais difficile à cerner. Un lourd secret de son passé l’empêche de profiter de la vie, de vivre tout simplement. Alors après on peut se poser la question si elle a une responsabilité ou non. Je pense que chaque lecteur peut avoir un avis différent, pour moi elle a juste manqué de chance et vécu un drame qui bouleversai n’importe qui à jamais. Ce roman traite aussi de la reconstitution : comment vivre après un drame ? Comme vivre lorsque notre monde s’écroule ? Il y a des intrigues amoureuses dans les deux époques mais d’autres questions subsistent et c’est justement l’attrait de ce roman : découvrir deux destinées dans deux époques différentes et qui pourtant se rejoignent. L’ambiance du roman oscille entre la joie, la tristesse, le mystère et la peur. Je suis passée par une palette d’émotions.

Concernant les personnages j’ai été émue par ceux qui sont dans le présent : ils ont tous une personnalité différente et attachante, chacun à leur manière, même s’ils peuvent parfois être exaspérant. Par contre j’ai été moins émue par ceux du passé. Sûrement à cause du personnage principal et de Lily (honnêtement je suis restée totalement hermétique à son personnage, j’avais l’impression qu’elle était une ombre.) L’incarnation d’un personnage type sans personnalité.

Concernant l’écriture j’ai beaucoup aimé les descriptions surtout celles concernant la maison et l’époque de la seconde guerre mondiale. J’ai aussi aimé les touches d’humour qui donnent un côté vivant au roman et qui prouvent que oui même dans la noirceur on peut réussir à sourire.